Les exigences essentielles
L’annexe I est le cœur du règlement. Elle s’applique à l’identique quelle que soit la classe de criticité ; ce sont les modalités de preuve qui varient.
Elle se lit en deux parties, de nature très différente.
| Partie I — Sécurité du produit | Partie II — Traitement des vulnérabilités | |
|---|---|---|
| Nature | Propriétés du produit à la mise sur le marché | Processus à tenir pendant toute la période de support |
| Horizon | Instantané | Continu, cinq à dix ans |
| Preuve | Conception, tests, configuration | Journaux, SBOM, avis publiés, délais mesurés |
| Détail | Sécurité du produit | Traitement des vulnérabilités |
Le principe de proportionnalité
Les exigences de la partie I s’appliquent « dans la mesure applicable au produit ». Cette formule n’est pas une échappatoire : elle impose de conduire et documenter une analyse des risques de cybersécurité qui justifie, exigence par exigence, celles qui sont retenues et celles qui sont écartées.
Une exigence écartée sans justification documentée est une non-conformité. Une exigence écartée avec une analyse de risques argumentée est une décision de conception défendable. La différence entre les deux tient à un document.
L’analyse de risques est d’ailleurs une pièce explicitement attendue au dossier technique.
Ce qu’il faut produire
Une matrice de traçabilité, tenue par produit, avec une ligne par exigence :
| Colonne | Contenu |
|---|---|
| Exigence | Référence dans l’annexe I |
| Applicable ? | Oui / Non, avec renvoi à l’analyse de risques |
| Contrôle | La mesure technique ou organisationnelle qui la couvre |
| Preuve | L’artefact qui l’atteste — test, configuration, journal, document |
| Outil | Ce qui produit la preuve |
| Responsable | Nommément |
| Dernière vérification | Date |
Cette matrice est le document de travail le plus utile du projet : elle sert à l’ingénierie pour savoir quoi construire, au juridique pour constituer le dossier, et à l’auditeur pour vérifier.
Le lien avec la présomption de conformité
Le règlement n’impose aucune solution technique. Il impose des résultats. La présomption de conformité permet d’y répondre par l’application de normes harmonisées, de spécifications communes ou de schémas de certification — voir Évaluation de la conformité.
En l’absence de norme harmonisée publiée, il reste possible de démontrer la conformité par d’autres moyens : c’est simplement plus long à documenter, et cela ferme la voie du module A pour les produits de classe I.
Dans cette section
Cyber
Sécurité du produit (annexe I, partie I)
Les treize exigences de conception : configuration sécurisée par défaut, absence de vulnérabilité exploitable connue, chiffrement, intégrité, minimisation des données, journalisation, effacement sécurisé.
Cyber
Traitement des vulnérabilités (annexe I, partie II)
Les huit obligations de processus : SBOM, correction sans délai, tests réguliers, publication des avis, politique CVD, partage d'informations, diffusion sécurisée et gratuite des correctifs.